Petits bonheurs du quotidien

  • Intérêt des petits plaisirs

Savourer les petits plaisirs du quotidien est une clef du bonheur. Malheureusement, il n’est pas toujours facile d’y prêter attention :

– D’une part, nous sommes plus facilement frappés par les événements qui nous bousculent ou nous perturbent, c’est-à-dire les chocs émotionnels. Si j’essaye de penser à des événements positifs dans ma journée, je vais spontanément chercher un « choc » de joie.

– D’autre part, quand on se sent bien, cela ne nous pousse pas à changer de comportement. Donc on ne prend pas le temps de s’arrêter pour en profiter.

Plusieurs personnes m’ont fait le réflexion qu’elles n’arrivent plus à remarquer ces petits plaisirs simples, et m’ont demandé une liste pour les aider à voir ces petites bribes de bonheur auxquels nous oublions de prêter attention. C’est donc en pensant à elles que je rédige ce billet, qui se veut juste une source d’inspiration. Que le lecteur garde bien en tête que sa propre vie à lui aussi est émaillée de ces petits riens, qui n’attendent que d’être observés. Beaucoup de ces événement que nous rencontrons chaque jour peuvent être une bonne excuse pour se sentir heureux.

  • Liste pas du tout exhaustive de petits bonheurs du quotidien
  1. Le temps qu’il fait. Quand il fait beau, et que je sens le soleil réchauffer ma peau, je me sens détendu et plein d’énergie. Quand il pleut, c’est comme si l’humidité étaient un constant rappel du fait que je suis vivant, et je suis galvanisé pour me battre et accomplir mes buts. Quand il y a du brouillard, je me sens recentré dans mon intimité, invité à la rêverie et l’inspiration. Quand les couleurs des saisons rythment chaque mois de l’année, quand je vois la nature et ses cycles, quand je contemple les feuilles des arbres bruissant sous l’effet du vent, je me sens rassuré par ces petits indices de vie, qui me donnent un cadre sécurisant.
  2. Mon état de santé. Quand je suis en forme, j’ai envie de dévorer le monde, et je veux tout entreprendre. Quand je suis malade, je prend du plaisir à prendre soin de moi, à me dorloter. Quand je suis fatigué, je me réfugie pour quelques instants dans mon cocon douillet, je fais une petite sieste, et c’est un bon moment d’intimité.
  3. Le regard des autres. Quand l’autre me sourit, ou quand je vis un instant de complicité, je me sens accepté et accueilli, j’éprouve du réconfort et de la joie. Quand l’autre a le courage de partager avec moi ses sentiments ou sa détresse, j’éprouve un élan de compassion, et je me laisse émouvoir par son humanité. Quand j’arrive à partager mon regard avec un autre, quand l’autre regarde dans la même direction que moi, je me sens nourri par ce partage.
  4. Mes actes. Quand je termine un projet, un dossier, un document, que je finis une lettre ou que je dépose un courrier administratif, quand je nettoie une tâche sur le sol ou que je sors les poubelles, j’éprouve de la fierté* d’avoir bien fait ma tâche et du soulagement d’avoir mis un peu d’ordre dans ma vie. Quand j’ai réussi à défendre mon point de vue, quand j’ai agi en accord avec mes valeurs, quand j’ai pu être moi-même et me montrer authentique, j’éprouve de la fierté* d’avoir eu de l’aplomb. Quand je fais un effort, et que j’obtiens un résultat, même s’il s’agit d’un échec ou si j’en ai souffert, je suis fier* d’avoir eu le courage d’essayer.
  5. Les actes de autres. Quand je vois un geste de générosité, un acte complice, un échange de sourires, un dialogue où les gens se respectent ou prennent un peu de temps pour s’écouter, je ressens du plaisir par l’ambiance qui s’en dégage. Quand je suis surpris par l’action d’un autre, je m’étonne avec délice de la richesse des êtres humains.
  6. Les petits instants de contemplation.  Quand je prend 3 minutes pour faire une pause et observer, je me sens serein. Quand je vois de belles choses (le rire d’un petit enfant, le reflet d’un nuage dans une flaque d’eau, une fleur qui s’ouvre, un mur fraîchement repeint avec des couleurs que j’aime), je me laisse imprégner par ce plaisir esthétique. Quand je me laisse bercer par de la belle musique, quand je déguste un bon repas, quand je touche un objet doux, quand je porte des vêtements confortables, quand je sens un parfum enivrant, je laisse à mes sens la liberté de m’inspirer et je l’autorise à savourer ces sensations.

*Note : la fierté n’est pas ici du registre de l’orgueil, mais du registre de la joie, je suis simplement heureux d’avoir été en accord avec ma façon de jouer mon rôle le monde.

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Mettre un frein à l’autocritique

Lorsque nous ne nous montrons pas à la hauteur de nos idéaux et de nos valeurs, lorsque nous faisons des erreurs, il nous arrive de nous juger – parfois durement. Chez certaines personnes, l’autocritique est une habitude de vie : ils ne peuvent s’empêcher de se juger et de se dévaloriser. Un tel mode de fonctionnement est source de souffrance, et peut s’avérer terriblement difficile à remettre en cause dans certains cas (par exemple lorsque des schémas d’idéaux exigeants remontant à l’enfance sont au cœur du fonctionnement de l’individu). Nous allons voir comment de tels mécanismes peuvent être enrayés.

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Schémas cognitifs d’inadaptation et troubles du comportement alimentaire

Les troubles du comportement alimentaires (telles que la boulimie ou l’anorexie) ont un impact significatif dans la vie quotidienne de ceux qui en souffrent, et sont associés à des risques de santé préoccupants. Pour soigner ces troubles, l’approche comportementale et cognitive semble la plus appropriée. En effet, les thérapies comportementales et cognitives sont les mieux évaluées scientifiquement pour la prise en charge de ces troubles. En outre, elles sont actuellement considérées comme le traitement de référence pour la boulimie.

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Note de synthèse : entraînement cognitif et vieillissement cérébral

En 2013, une équipe de recherche néerlandaise effectuait une synthèse des recherches portant sur l’entraînement cognitif pour la prévention du vieillissement cérébral (Reijinders et al., 2013). Le rapport indiquait que l’entraînement cognitif permet l’amélioration de nombreuses fonctions cognitives, telles que :

  • les perfomances mnésiques,
  • les fonctions exécutives,
  • la vitesse de traitement de l’information,
  • l’attention,
  • l’intelligence fluide
  • les performances cognitives subjectives.

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Analyse socratique : comment ça marche ?

Vous avez certainement entendu parler de Socrate, ce personnage facétieux que Platon met en scène dans ses dialogues. Prenons un exemple de discours de Socrate, issu du Ménon :

Ménon : « As-tu le moyen de me dire, Socrate, si l’enseignement est requis pour l’excellence […] ? » Socrate : « […] je me fais un reproche de ne rien savoir sur l’excellence – mais rien du tout. »

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Signaux de rétroactions et biofeedback

Commençons par une petite histoire, qui est arrivée récemment à l’un de mes proches. Lucas apprend le chant lyrique au conservatoire. Malgré ses efforts, il rencontre des difficultés pour apprendre à relacher son souffle, met trop de pression ce qui provoque une voix tubée : ce n’est pas très beau, et cette contrainte réduit la tessiture de sa voix. Un automne, Lucas déménage son appartement et se fait un tour de rein en portant un carton. Cet accident bête l’oblige alors à porter une ceinture lombostat pendant plusieurs semaines. C’est alors que Lucas progresse de façon inattendue en cours de chant : lorsqu’il chante, il se met à sentir de façon amplifiée les mouvements de ses muscles abdominaux et de ses côtes flottantes, parce qu’ils sont pressés contre sa ceinture lombostat. Ce signal de rétroaction, qui aurait pu le gêner, va en fait l’aider à acquérir une meilleure connaissance de son corps. Lire la suite