Note de synthèse : entraînement cognitif et vieillissement cérébral

En 2013, une équipe de recherche néerlandaise effectuait une synthèse des recherches portant sur l’entraînement cognitif pour la prévention du vieillissement cérébral (Reijinders et al., 2013). Le rapport indiquait que l’entraînement cognitif permet l’amélioration de nombreuses fonctions cognitives, telles que :

  • les perfomances mnésiques,
  • les fonctions exécutives,
  • la vitesse de traitement de l’information,
  • l’attention,
  • l’intelligence fluide
  • les performances cognitives subjectives.

entraînement cognitif

Cependant, à l’époque, les auteurs notaient que les méthodes d’entraînement cognitif n’étaient pas suffisament évaluées en terme de transfert dans la vie quotidienne. L’argument est assez facile à comprendre : si je m’entraîne à résoudre des mots-croisés, rien ne garantis que je deviendrait plus doué pour faire mes courses au super-marché.

Où en sommes-nous avec cette question ? Depuis 2013, des progrès ont fort heureusement été réalisés. Deux articles ont été publiés récemment par une équipe de recherche irelandaise (Kelly, et al., 2014) et australienne (Walton et al., 2014). Voici en synthèse leurs conclusions :

  • L’amélioration de nombreuses fonctions cognitives décrit dans l’étude de 2013 est confirmée.
  • L’entraînement cognitive un recâblage du cerveau (on parle de neuroplasticité).
  • De nombreuses études ont démontré un transfert des compétences vers des tâches similaires de la vie quiotidienne pour lesquelles le sujet n’avait pas été entraîné. Ce transfert améliore la vie quotidienne des sujets de façon durable.
  • Attention cependant, toutes les méthodes d’entraînement cognitif ne se valent pas. Certaines approches ne fonctionnent pas, d’autres sont testées avec des précautions scientifiques insuffisantes. Deux facteurs clefs ont été identifiés pour garantir un entraînement cognitif efficace :
    1. la prise en charge par un intervenant au sein d’une stratégie de psychoéducation ou de psychothérapie est plus efficace qu’un programme informatique. En effet avec l’étayage d’un intervenant le sujet comprends mieux le programme d’entraînement, est mieux soutenu, plus motivé et mieux à même de gérer les difficultés et le transfert des acquis vers la vie quotidienne.
    2. le transfert vers la vie quotidienne et le maintien à long terme des gains est obtenu si le sujet suit plus de 10 séances d’intervention combinées à des séances de rappel après traitement, et que le traitement est adapté aux besoins du sujet.
  • L’effet de prévention de l’entraînement cognitif sur les personnes à risque (par exemple aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer) représente un espoir : en effet de nombreuses études montrent que la réserve cognitive peut freiner le développement des pathologies neurodégénératives. Cependant, les recherches actuelles n’ont pas suffisament établis l’intérêt de l’entraînement cognitif dans ce domaine – espéront que le futur nous apporteras de bonnes nouvelles à ce sujet !

  • Références

KELLY ME, LOUGHEREY D, LAWLOR BA, ROBERTSON IH,
WASLH C, BRENNAN S (2014) The impact of cognitive training and mental stimulation on cognitive and everyday functioning of healthy older adults: A systematic review
and meta-analysis. Ageing Research Reviews, 15:28-43.

REIJNDERS J, VAN HEUGTEN C, VAN BOXTEL M (2013) Cognitive interventions in healthy older adults and people with mild cognitive impairment: A systematic review, Ageing Research Reviews, 12:263–275.

WALTON CC, MOWSZOWSKI L, LEWIS SJG, NAISMITH SL (2014) Stuck in the mud: time for change in the implementation of cognitive training research in ageing? Front. Aging Neurosci., 6(43).

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